Ensemble, faisons pousser une ferme

Ensemble, faisons pousser une ferme !
Les 3 axes de l' AMAP : écologiquement sain, socialement équitable et économiquement viable.

samedi 17 novembre 2012

Notre visite à la ferme de Favreuse

9 novembre 2012
Nous étions 6 de "l'équipe poulets" à pouvoir nous rendre disponibles, ainsi que quelques enfants qui ont apprécié cette visite fraîche, mais amusante et surtout, très intéressante. Michel, l'ouvrier qui travaille souvent au champ avec Erwan, était aussi de l'expédition et a posé des questions (souvent plus expertes que les nôtres !).
En deux heures de temps, nous avons pu balayer tous les sujets
concernant l'élevage, le projet de Charles, son installation, son organisation, ses motivations, notre partenariat. Ses explications ont été d'une clarté remarquable et vous en trouverez ci-dessous les principaux points. Nous aurons certainement l'occasion d'organiser dans quelque temps une autre visite, pour les Amapiens que cela intéresse.

Les points importants
- Charles est installé à Bièvres depuis seulement 2 ans
- son élevage est bio et sa préoccupation permanente est la propreté afin d'éviter l'apparition de maladies, plutôt que d'avoir à les traiter (ce qui n'est pas toujours possible dans le cahier des charges bio)
- l'élevage est constitué principalement de 9 "cabanes" en bois, dont seulement 8 sont utilisées à la fois
- une rotation permet de nettoyer, déplacer les cabanes l'une après l'autre (tous les 3 ou 4 mois)
- chaque cabane de 35m2 accueille jusqu'à 450 volailles
- l'une des cabanes est consacrée aux poules pondeuses, que Charles garde 2 ans
- les autres cabanes sont occupées par les poulets de différents âges et par d'autres volailles (poulardes, chapons) que Charles vend hors contrat AMAP
- les cabanes sont chacune au milieu d'un grand espace herbeux, plus grand que ne le demande le cahier des charges de l'élevage biologique (qui est pourtant déjà exigeant)
- les espaces (ou "parcours") en herbe sont eux-mêmes séparés par des parcours mis au repos à tour de rôle, pour permettre de restaurer l'herbe et le sol
- l'alimentation est essentiellement du grain bio et quelques additifs (minéraux, protéines par des tourteaux de maïs et de soja) en quantités fixées par les normes bio
- les grains sont broyés et mélangés sur place
- les poussins arrivent à la ferme âgés d'un jour seulement, afin de garantir l'alimentation bio tout au long de leur vie
- les volailles sont tuées et vidées sur place dans un laboratoire
- c'est une composante importante du projet de Charles : assurer lui-même la quasi-totalité des opérations sur sa ferme
- une petite boutique est aménagée dans le grand hangar de 350m2, qui sert essentiellement à entreposer le grain
- la vente directe à la ferme se développe bien ; Charles cesse un partenariat avec une autre AMAP et a accepté de nous proposer de nous associer car il connaît Erwan depuis longtemps et qu'ils ont eu l'occasion de s'entraider à de nombreuses reprises
Impressions de visite
La ferme de Charles est un lieu vaste, ouvert et calme sur le plateau de Saclay. On entend à peine les bruits de la N118 au loin. De l'autre côté du chemin, une autre ferme et c'est tout. Tout autour, des champs, et au loin, des bois. Les poules et poulets ne sont pas beaucoup plus bruyants. On entend quelques pépiements en approchant de la cabane des poussins. Eux, sont gardés bien au chaud et bénéficient d'un régime spécial qui leur permet de bien grandir. Dès qu'ils auront un peu grandi, ils pourront "faire leur vie", comme toutes les autres volailles de la ferme: les portes des cabanes restent ouvertes et les pensionnaires peuvent entrer et sortir, comme bon leur semble, dans le "parcours" qui entoure la cabane.
En fait de parcours, c'est un grand espace en herbe (qui, à force de coups de becs, finit par être autour des cabanes un parcours... de terre !). Cet espace est délimité par une clôture électrique, qui les protège des prédateurs (des renards en particulier) et leur évite l'envie de s'échapper... Par la même occasion, cette précaution leur épargne la pratique traditionnelle (mais toujours triste) de coupe d'une aile.
Les volailles sont belles. Nécessairement en bonne santé, car l'interdiction de traitements médicaux fait que l'apparition de maladies doit être à tout prix évitée. L'espace étant plus que suffisant, le stress absent et la nourriture abondante, les poules et poulets semblent heureux... Il suffit d'un coup de klaxon au loin pour que toutes les poules rentrent d'un coup dans leurs poulaillers. Décidément, ces animaux ne sont pas habitués aux perturbations !
Charles nous explique que ce confort est important pour leur bonne santé et pour la ponte des pondeuses. Il a déjà eu la surprise (plutôt mauvaise) de voir baisser d'un tiers la production d'oeufs, suite à un déménagement, à une période de gel inattendue, …
Il surveille donc de très près tous les paramètres et fait parfois figure de vrai maniaque ! C'est qu'il ne veut prendre aucun risque. Pas question de rentrer chez les poussins, si on n'a pas désinfecté ses bottes. Les fiches de régime alimentaire restent près de la machine à broyer le grain, indiquant les différentes proportions de chaque type de grain, pour les différents menus dédiés aux bêtes selon leur âge. Les silos à grains sont soigneusement nettoyés avant la livraison suivante.
C'est donc une exploitation modèle, bien organisée et sous contrôle... Est-ce qu'il y manque « l'esprit paysan » ? Peut-être... Mais c'est par nécessité, car la motivation et les convictions sont là. Charles est content de pouvoir assurer toute la châine d'élevage et de fournir des volailles saines à ses Amapiens et à ses clients. Il est aussi très soucieux de l'environnement et a investi plus que nécessaire pour la création de son hangar (en bois, comme celui d'Erwan) et pour son alimentation électrique, assurée par une immense couverture photovoltaïque. Celle-ci génère suffisamment d'électricité pour permettre de dire que l'exploitation et l'habitation sont autosuffisantes en électricité.
Et pourtant, il en faut de l'électricité. Pour éclairer les poules pondeuses l'hiver, et leur assurer la durée de lumière qui leur permet de s'alimenter assez pour continuer à pondre. Mais le plus gourmand, c'est le refroidissement : comme Erwan avec ses courges et ses patates, Charles met sa production à l'abri, comme son trésor le plus précieux ! Le laboratoire est rafraîchi, les poulets prêts à livrer sont dans une armoire frigorifique. Et même les abats sont conservés dans leur propre armoire froide, en attendant d'être éliminés.
Lors de notre visite, nous avons pu admirer, en plus des poulets « cou nu » que nous dégusterons, des bêtes que Charles vendra pour les fêtes : poulardes et chapons. Toutes magnifiques ! Elles attiraient les objectifs des photographes comme les starlettes de Cannes (peut-être même mieux :-p ). Pour ce qui concerne notre AMAP, le rendez-vous est donné un peu plus tard, au mois de janvier, pour la première distribution de poulets et d'oeufs. Le calendrier des distributions sera communiqué dès que possible.
« L'équipe poulets »

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